8) Deux jours après que Tchiang Kaï-chek eût lancé sa campagne d'assassinats à Shanghai, les seigneurs de guerre ont commencé à leur tour à prendre leur revanche et à massacrer les paysans rebelles, qui ont été massivement torturés et mutilés. Les femmes en particulier, qui avaient joué un rôle majeur dans le mouvement de révoltes, étaient dépecées et brûlées vives. Dans la province du Houpei, 4 700 paysannes et paysans, dont 500 femmes, ont été assassinés-es entre les mois de février et juin 1927. Pour ce faire, tous les moyens étaient bons : décapitation, enterrement vivant, strangulation, brûlures, dépeçage. Pendant le mouvement de révoltes, les paysans avaient formé des milices et s'étaient emparés d'armes et de munitions. Mais ayant décidé de faire cesser les «excès» et de «ramener l'ordre», le Parti communiste, toujours sous la direction de Tchen Tou-sieou, a ordonné aux paysans et aux ouvriers de rendre les armes. Mao Tsé-toung a toutefois refusé d'agir ainsi, ce qui est une des raisons qui explique qu'il ait été critiqué et accusé d'avoir été lui-même à l'origine de ces fameux «excès». En mai, 20 000 ouvriers et paysans, dont plusieurs mineurs d'Anyuan, ont manifesté à Changsha, avec l'appui de Mao, pour venger leurs camarades massacrés-es. Mais la «Fédération des syndicats ouvriers de toute la Chine» et l'Association paysanne, dirigées par le Parti communiste, leur ont donné l'ordre de se rendre. Les dirigeants ouvriers et paysans ont été assassinés. Les terres qui avaient été conquises par les paysans ont été remises à leurs anciens propriétaires. Les écoles communistes ont été fermées. Les enseignants et les étudiants connus comme étant de gauche, ont été brûlés vifs. Les dirigeants ouvriers et syndicalistes ont été exécutés sur la place publique. Au cours de l'année qui a suivi, en 1928, pas moins de 100 000 paysans et ouvriers sont morts dans la province du Hounan. Le Parti y a perdu au moins 15 000 membres. En juillet, les communistes ont finalement été formellement expulsés du Kuomintang, dont les escadrons de la mort ont pris en main la tâche de décapiter tous les suspects communistes sur lesquels ils pouvaient mettre la main. Après que le gouvernement eût donné l'ordre de procéder à son arrestation, Mao Tsé-toung a quitté le Hounan pour aller se réfugier dans la clandestinité à Wuhan. D'autres membres du Parti sont entrés tout comme lui dans la clandestinité.