Tchiang Kaï-chek lance ses "campagnes d'extermination" contre les Rouges, la Longue Marche commence ...

Tchiang Kaï-chek lance ses "campagnes d'extermination" contre les Rouges, la Longue Marche commence ...
10) Toujours en 1930, Tchiang Kaï-chek a lancé la première de cinq «campagnes d'extermination» contre les communistes. Ses forces étaient certes 10 fois plus nombreuses que celles des communistes, mais elles furent néanmoins défaites quatre fois d'affilée. Le Japon envahit la Chine, mais Tchiang refusa de combattre l'agresseur étranger, dirigeant plutôt ses quelque 900 000 hommes et 300 bombardiers contre l'Armée rouge, qui à cette époque comptait environ 140 000 hommes, pauvrement armés. Tchiang adopta la politique dite de la «terre brûlée», et son armée rasait tout sur son passage. En août 1933, la «cinquième campagne militaire» de Tchiang débuta, appuyée financièrement par les États-Unis et la Grande-Bretagne, et mobilisant plus d'un million de soldats, des chars de combat, des avions. Les troupes de Tchiang étaient conseillées par des experts militaires allemands. En août 1934, l'Armée rouge avait perdu 40 000 hommes et elle était encerclée par le Kuomintang. Sa principale base d'appui était désormais réduite à six départements, alors que ses autres petites bases avaient été complètement anéanties. La révolution était encore une fois menacée d'écrasement. Mais cette fois encore, Mao Tsé-toung prit une décision très importante. Le 16 octobre 1934, il dirigea ses troupes vers une retraite massive, une opération qui plus tard sera connue comme la célèbre «longue marche».

# Gepost op vrijdag 16 september 2005, 15u40

Retraire inposée, la Longue Marche commence ...

Retraire inposée, la Longue Marche commence ...
QUATRIÈME PARTIE
De la longue marche jusqu'à la libération de Yenan

1) Au début des années 30, l'Armée rouge de Mao avait mené et remporté plusieurs batailles contre les troupes du gouvernement du Kuomintang, et plusieurs bases d'appui avaient été mises sur pied. Lorsque le Japon a envahi la Chine en 1932, le Parti communiste a déclaré la guerre à l'envahisseur et appelé le peuple chinois à lui résister. Mais les troupes dirigées par Tchiang Kaï-chek ont refusé de combattre les Japonais, se lançant plutôt dans des attaques massives contre l'Armée rouge. En 1933, le Kuomintang déclencha la «cinquième campagne d'encerclement» contre les communistes, avec l'appui financier des États-Unis et de la Grande-Bretagne et les conseils des experts allemands. Pas moins d'un million de soldats, équipés de chars et d'avions de combat, ont été mobilisés contre l'Armée rouge. Le 16 octobre 1934, Mao Tsé-toung et l'Armée rouge ont été forcés d'entreprendre une retraite stratégique vers la province du Kiangsi. Ceci marquait le début de l'épisode le plus stupéfiant, héroïque et exaltant de la révolution chinoise : la fameuse «longue marche».

L'Armée rouge, formée de paysans et d'ouvriers, était épuisée après des mois de combats. Mais elle s'est tenue debout, faisant face aux mitrailleuses du Kuomintang et franchissant les barbelés. Neuf grandes batailles ont été livrées contre la centaine de régiments du Kuomintang, lors desquelles 25 000 soldats de l'Armée rouge ont péri. Des milliers de paysans sont restés derrière et, dirigés par une poignée de soldats de l'Armée rouge, ont combattu jusqu'à la fin. Leur héroïsme a ralenti l'avancée de l'ennemi et a permis à Mao et à l'Armée rouge de s'esquiver. Beaucoup de paysans se sont joints à la marche entreprise par l'Armée rouge - jeunes et vieux ; hommes et femmes ; communistes et «sans-parti» ; enfants, adolescents de 12 et 13 ans venus servir comme plantons, garçons de cuisine, transporteurs ou trompettistes.

# Gepost op vrijdag 16 september 2005, 17u57

La Longue Marche

La Longue Marche
2) Tout au long de la marche, l'Armée rouge a dû faire face à des attaques continuelles. Un soldat raconta ainsi comment cela s'était déroulé : «Nous luttions à tous les jours, nous étions beaucoup moins nombreux qu'eux. Tout ce que nous pouvions faire, c'était d'exalter notre courage. Nous chantions constamment ce refrain : "L'Armée rouge n'a pas peur de la mort. Quiconque a peur de la mort n'est pas membre de l'Armée rouge." Nous étions tellement fatigués que nous devions nous soutenir mutuellement pour ne pas tomber... Nous dormions debout, nous dormions en marchant. Nous ne pensions en fait qu'à une seule chose : dormir ! Mais nous n'arrêtions pas pour dormir... Les plus forts poussaient les plus faibles. Nous ne voulions pas que personne traîne de la patte. Nous nous attachions en ligne avec une corde pour être certains que tout le monde suivait. Nous appelions ça, pratiquer le "sommeil volant".»

Un autre soldat raconta son expérience en ces termes : «Lorsque nous étions en territoire ennemi, nous marchions habituellement la nuit pour éviter les attaques aériennes. Le spectacle était quelques fois merveilleux, en particulier quand il faisait beau, qu'il n'y avait qu'une petite brise et qu'on pouvait voir les étoiles. Lorsque les troupes ennemies étaient assez éloignées, nous chantions en ch½ur en nous répondant d'une compagnie à l'autre. Quand il faisait très noir, nous allumions des torches faites de branches de pins ou de bambou effiloché. C'était vraiment très beau ! Au pied de la montagne, on pouvait voir une immense colonne illuminée, qui donnait l'impression d'un dragon fougueux. Rendu au sommet, on voyait les torches sur des kilomètres à la ronde : c'était comme une vague de feu, une lueur d'espoir qui nous a accompagnés tout au long de la marche.»

# Gepost op vrijdag 16 september 2005, 17u59

La Longue Marche

La Longue Marche
3) En janvier 1935, l'Armée rouge a atteint Tsunyi. Les dirigeants du Parti ont alors tenu une importante conférence, où la ligne militaire erronée qui avait conduit l'Armée rouge à de nombreuses défaites a été sévèrement critiquée. La ligne militaire et la ligne générale défendues par Mao se sont alors imposées - Mao lui-même est devenu le principal dirigeant du Parti. Jusqu'à ce moment, la ligne de Mao n'avait jamais été dominante au sein du Parti. Mao croyait qu'il fallait mener une guerre de mouvement. Ceci voulait dire d'attendre que la situation soit favorable avant d'attaquer ; d'attirer l'ennemi vers l'intérieur et de l'amener à commettre des erreurs susceptibles de révéler ses faiblesses. Comme beaucoup de soldats de l'Armée rouge l'ont rapporté, «le président Mao trouvait toujours une manière d'amener l'ennemi à faire ce que nous voulions - il appelait ça "reprendre l'initiative" ; en fait, Mao menait l'ennemi par le bout du nez !».

A Tsunyi, Mao a à nouveau défini quelles étaient les tâches principales de l'Armée rouge : mener la propagande parmi les masses, les organiser et les éduquer ; et les aider à mettre sur pied des instances politiques populaires. Et il a enfin dévoilé aux soldats la destination finale de la longue marche : le nord-ouest de la Chine, pour aller combattre le Japon. Sous la direction de Mao, cette retraite stratégique, que fut la longue marche, allait se transformer en une victoire suite à laquelle l'Armée rouge se retrouva en meilleure position que jamais. Lorsque l'Armée rouge a quitté Tsunyi, environ 4 000 paysannes et paysans de la région s'étaient joints à la marche.

# Gepost op vrijdag 16 september 2005, 18u07

"La Longue Marche est un manifeste" dit un soldat

"La Longue Marche est un manifeste" dit un soldat
4) Tout au long de la marche, l'Armée rouge s'est consacrée à aider les paysans à se libérer et à mettre sur pied une administration de type soviétique. Les propriétaires fonciers qui avaient opprimé le peuple pendant des dizaines d'années étaient liquidés. La terre et le grain ont été redistribués aux affamés-es. Les portes des prisons ont été ouvertes et les détenus-es libérés-es. On laissait également des fusils aux paysans qui restaient sur place, de manière à ce qu'ils puissent défendre leurs conquêtes après le départ de l'Armée rouge. La rumeur s'est répandue très rapidement, si bien que des délégués-es provenant d'autres villages plus éloignés venaient voir l'Armée rouge, pour lui demander de faire un détour et de venir les aider à se libérer des propriétaires fonciers.

Un soldat raconte : «Nous tenions des grands rassemblements de masse. Notre "corps dramatique" donnait des spectacles de théâtre et de chansons, pendant que d'autres soldats écrivaient des slogans et distribuaient des exemplaires de la constitution et des lois fondamentales du gouvernement soviétique. Dès que nous avions la chance de rester plus qu'une nuit à un endroit, nous en profitions pour apprendre aux paysans à écrire au moins six caractères : "Détruisons le Tuhao" (le règne des petits notables féodaux et des propriétaires fonciers) et "Partageons-nous la terre". Les paysans trouvaient toujours une façon de nous aider, s'occupant des soldats malades, blessés, ou encore trop fatigués pour continuer. Chacun des blessés que nous devions laisser sur place disposait d'une somme d'argent, de munitions et d'une arme à feu, et on lui donnait le mandat de diriger les paysans dans la poursuite de la guerre de guérilla, dès qu'il allait être rétabli.»

«La longue marche est un manifeste. Elle a proclamé au monde entier que l'Armée rouge est une armée de héros, alors que les impérialistes et leurs chiens rampants tels Tchiang Kaï-chek sont impuissants... La longue marche est aussi un instrument de propagande. Elle a fait savoir à quelque 200 millions de personnes dans 11 provinces différentes que la voie de l'Armée rouge est la seule pouvant mener à la libération. Sans la longue marche, comment les larges masses auraient-elles pu apprendre aussi rapidement cette grande vérité que l'Armée rouge incarne ? La longue marche est finalement une machine à ensemencer. Dans les 11 provinces où elle est passée, elle a semé partout des graines qui vont germer, donnant naissance aux feuilles, aux fleurs, aux fruits qu'on pourra récolter dans le futur. En un mot, la longue marche s'est soldée par une victoire pour nous, et une défaite pour l'ennemi. Et qui a conduit la longue marche à la victoire ? C'est le Parti communiste. Sans le Parti communiste, une longue marche de cette sorte aurait été tout simplement inconcevable.» (Mao Tsé-toung, origine inconnue, notre traduction)

# Gepost op vrijdag 16 september 2005, 18u08