Le Chemin est semé d'embûches ...

Le Chemin est semé d'embûches ...
5) Les troupes du Kuomintang s'étaient postées le long de la rivière Tatou, où elles attendaient l'Armée rouge de pied ferme. Tchiang Kaï-chek s'était promis d'y arrêter purement et simplement l'avance de ceux qu'il appelait les «bandits rouges», un peu comme cela avait été le cas pendant la révolte paysanne de Taiping en 1864. La traversée de la rivière Tatou allait constituer sans doute l'enjeu le plus déterminant de toute la longue marche. Si l'Armée rouge ne réussissait pas à atteindre cet objectif, c'en était probablement fini de la longue marche et de la suite de la révolution.

Les troupes du Kuomintang étaient tout près de l'Armée rouge, lorsque celle-ci a atteint la rivière Tatou. La seule façon pour les troupes de Mao de traverser assez rapidement la rivière pour ne pas se faire coincer était de passer par le pont Liu Ting Chiao, à environ 160 kilomètres de là. Le Kuomintang avait déjà pris le contrôle de la ville située tout près du pont. L'Armée rouge a dû marcher jour et nuit pour se rendre au pont, ne s'arrêtant que pour de courtes pauses d'une dizaine de minutes, le temps de se restaurer. Pendant ces pauses, les instructeurs politiques en profitaient pour rappeler aux soldats les enjeux de cette action, les appelant à fournir un dernier grand effort avant de remporter la victoire.

Le pont en question était vieux de plusieurs centaines d'années. Il était constitué de 16 chaînes de fer très lourdes reliant les deux rives, sur lesquelles d'épaisses planches de bois avaient été disposées. Mais le Kuomintang avait retiré les planches en question sur environ la moitié du pont. Et sur l'autre moitié, une sentinelle armée d'une mitrailleuse était postée, attendant que des soldats de l'Armée rouge se pointent et essayent de franchir le pont... Mao Tsé-toung a demandé s'il y avait des volontaires prêts à risquer leur vie. Les 30 hommes choisis pour s'avancer en premier étaient armés de grenades et de fusils. Ils se sont lancés à l'assaut, franchissant le pont à bout de bras, accrochés aux chaînes. Pendant ce temps, les soldats du Kuomintang et de l'Armée rouge s'échangeaient des tirs de mitraillettes, d'une rive à l'autre.

Le premier héros à s'être lancé sur le pont a été atteint et est tombée dans la rivière. Puis, le deuxième ; et ensuite, le troisième. Les soldats du Kuomintang étaient incrédules : à quelle sorte de soldats faisaient-ils donc face pour se lancer ainsi sur le pont ? Étaient-ils vraiment humains ? S'agissait-il de dieux, ou tout simplement de fous furieux ? Ce n'était à l'évidence pas seulement de simples soldats combattant pour obtenir un bol de riz. Après plusieurs tentatives, un soldat de l'Armée rouge a finalement réussi à atteindre la deuxième partie du pont. Il tira une grenade qui atteint parfaitement la cible : les fortifications de l'ennemi. Les troupes du Kuomintang ont ouvert le feu sur le pont, mais de plus en plus de soldats de l'Armée rouge réussissaient à le franchir, décochant une pluie de grenades en direction de l'ennemi. La majorité des soldats du Kuomintang ont été pris de panique et se sont enfuis, à l'exception d'une centaine d'entre eux qui se sont finalement rendus et ont joint les rangs de l'Armée rouge. La ville a de fait été libérée ; certains paysans locaux ont alors dit que l'esprit des morts de la révolte des Taiping venait finalement d'être vengé.

# Gepost op vrijdag 16 september 2005, 18u11

Fin de la Longue Marche ...

Fin de la Longue Marche ...
6) La longue marche s'est terminée dans le nord de la province du Chensi, près de la Grande muraille. Il s'agissait d'une région désolée et stérile, fortement montagneuse. La terre y était si ravagée et le sol si usé qu'il semblait évident que personne ne pouvait y survivre. Mais contre toute logique, pas moins de deux millions de personnes y vivaient dans des grottes infestées de rats et de mouches. Ces paysannes et paysans, pour la plupart extrêmement pauvres, ignorants, affamés et malades, ont salué l'arrivée de Mao Tsé-toung et de l'Armée rouge, porteurs d'un avenir meilleur.

À la fin de l'année 1936, Mao et ses troupes se sont déplacés vers Yenan, qui fut proclamée capitale de la «région frontière du Chensi-Kansou-Ninghsia». Mao y a vécu dans une grotte de trois pièces, sur le flanc d'une montagne, comprenant une chambre à coucher, une salle d'études et une chambre d'invités. Il ne possédait toujours qu'une couple d'uniformes et un manteau rembourré, n'ayant aucun autre bien en sa possession. À Yenan, Mao s'est consacré au travail de reconstruction de l'Armée rouge et du Parti communiste chinois, avec l'objectif non seulement de gagner la guerre de libération contre le Japon, mais aussi de jeter les bases en vue du renversement du Kuomintang et de la conquête du pouvoir dans tout le pays.

# Gepost op vrijdag 16 september 2005, 18u13

Yenan, base de rassemblement et de lancement pour l'Armée Rouge !

Yenan, base de rassemblement et de lancement pour l'Armée Rouge !
7) Mao Tsé-toung a constamment souligné l'importance de construire et d'étendre les bases d'appui, de façon à ce que l'Armée rouge puisse se renforcer et obtenir l'appui des paysannes et paysans. Yenan est devenue un château-fort pour l'Armée rouge. C'est là que, sous la direction de Mao, on a entraîné, formé et discipliné plus de 100 000 cadres du Parti. Et c'est aussi à partir de là que Mao a dirigé les troupes de l'Armée rouge à travers toute la Chine.

Des milliers de paysans, d'ouvriers et d'intellectuels se sont rendus à Yenan, venant de tout le pays. Des représentants des minorités nationales - Mongols, musulmans, Tibétains, membres des tribus Miao et Lolo - y sont allés eux aussi. Tous ces «immigrants» qui se rendaient à Yenan devaient franchir les barrages, les barbelés et les tranchées mis en place par les Japonais et le Kuomintang. Ceux et celles qui se faisaient attraper étaient torturés et envoyés dans des camps de concentration, quand ils n'étaient tout simplement pas assassinés. Mais à tous les jours, de nouvelles personnes entreprenaient le périlleux voyage vers Yenan, convaincues de ce que cet endroit signifiait pour elles un avenir meilleur. Yenan fut vraiment le centre d'organisation à partir duquel le peuple chinois et l'Armée de libération ont entrepris la lutte pour renverser l'impérialisme et conquérir le pouvoir. Dans cette zone libérée, on a construit une toute nouvelle société, plantant les germes du socialisme à venir.

# Gepost op vrijdag 16 september 2005, 18u16

Début de la nouvelle Economie => l'Autosuffisant ...

Début de la nouvelle Economie => l'Autosuffisant ...
8) Après que les Japonais eurent décrété un blocus économique contre les zones libérées en 1941, Mao Tsé-toung a lancé une grande campagne pour y développer la production. Mao a appelé les gens à s'organiser de façon à devenir totalement autosuffisants sur le plan économique. Des usines ont été construites dans ce qui n'était que de simples cabanes, et même dans des grottes, sans parler des anciens temples que leurs responsables avaient abandonnés. Des dizaines de milliers de personnes ont travaillé dans de petits ateliers où on produisait des batteries, de la corde, des brosses à dents, du savon, des allumettes, du papier, et d'autres produits du même genre, nécessaires à la vie courante. Une usine d'armements produisait aussi des grenades et des explosifs (bien que la majorité des munitions utilisées par l'Armée rouge ait continué de provenir des rangs de l'ennemi). On a commencé à imprimer de la monnaie, sur laquelle on pouvait lire des slogans tels «À bas la guerre civile !», «Unissons-nous pour résister au Japon !» et «Vive la révolution chinoise !».

Des coopératives et des équipes d'entraide ont été mises sur pied, pour amener les paysans à travailler de manière collective, à partager leurs outils et leurs animaux de ferme. Mao croyait que si on ne remplaçait pas les anciennes méthodes de production individuelles par de nouvelles méthodes collectives, il allait être impossible de développer réellement la production. Dans les autres régions de la Chine occupées par les Japonais et celles où régnait le Kuomintang, les masses chinoises souffraient effectivement de la faim et vivaient dans de terribles conditions. Mais dans les zones libérées, non seulement les gens pourvoyaient-il à leurs propres besoins, mais ils apprenaient aussi à vivre et à travailler autrement, d'une manière collective, socialiste.

# Gepost op vrijdag 16 september 2005, 18u20

Gewijzigd op zaterdag 17 september 2005, 19u09

Yenan, bastion de liberté et de renouveau !

Yenan, bastion de liberté et de renouveau !
9) Mao a toujours mis beaucoup d'emphase sur l'importance du travail d'organisation politique parmi les masses. C'est ainsi que les plus opprimés-es parmi les opprimés-es, à qui on avait jusque là refusé toute dignité, ont pu commencer à prendre le pouvoir en mains propres. À Yenan, plusieurs groupes révolutionnaires de toutes sortes ont été formés, touchant divers aspects de la vie : des organisations de femmes, de jeunes, de paysans, d'ouvriers, d'élèves, de personnes âgées. Il y avait même une association de «pantouflards» qui se réunissaient pour pratiquer l'autocritique et tenter de s'intégrer au travail productif.

Plusieurs artistes, écrivains et intellectuels sont allés à Yenan. En 1942, Mao y a prononcé une série de causeries retentissantes sur les rapports entre l'art et la révolution. Il voulait encourager les artistes et les écrivains à réaliser des productions susceptibles de servir le peuple. Il disait que les artistes devaient mieux connaître et comprendre la vie du peuple, s'ils voulaient en arriver à produire un art révolutionnaire. Parmi les artistes qui sont allés à Yenan, il faut mentionner le nom de Chiang Ching, une actrice qui avait joint les rangs du Parti en 1933. Après son arrivée à Yenan en 1937, elle s'est jointe aux équipes de propagande, qui se chargeaient d'aller présenter des pièces de théâtre à l'intention des paysans dans les campagnes. C'est à Yenan que Chiang Ching et Mao se sont rencontrés pour la première fois. Ils sont tombés amoureux et se sont mariés en avril 1939.

# Gepost op vrijdag 16 september 2005, 18u27